Comment prendre soin de nos réactions de parents (donc de nos enfants) ?

Comment prendre soin de nos réactions de parents (donc de nos enfants) ?

Comment transmettre à nos enfants les clés d’une vie épanouie et heureuse ? Tout parent se pose un jour ou l’autre cette question. Pourtant, entre stress, fatigue, exaspération, attentes plus ou moins conscientes, nos réactions de parents s’éloignent bien souvent de nos idéaux. Et les enfants s’imprègnent de ce qui les entoure : amour mêlé d’angoisse, de souffrance, de rigidité, d’incohérence… Et si prendre soin de ses enfants commençait par prendre soin de soi ? En faisant la lumière sur ses propres zones d’ombres pour rayonner autre chose que des contradictions. Voici quelques réflexions et conseils pratiques pour allier responsabilité et bien-être dans les relations parents-enfants.

Est-il possible de prendre soin des autres sans s’oublier ?

Voilà la question existentielle à l’origine de ce blog. Relations-vivantes est né d’un besoin de réconciliation et de partage. Maman depuis peu, je suis soucieuse de cultiver des réactions de parents de qualité. Après avoir expérimenté la relation d’aide et l’accompagnement éducatif, (sans parler de mes relations de couple !), j’ai souvent eu l’impression de donner à tout le monde sauf à moi… Et pour éviter une crise cataclysmique de la quarantaine qui pointe le bout de son nez, j’ai décidé de passer à l’action en créant ce blog. Mon but est de réunir réflexions, méthodes et témoignages pour pacifier ses relations avec soi-même, les autres et le monde qui nous entoure. Pour moi, pour vous et pour la Vie.

Cet article participe à l’évènement inter-blogueur “Et si prendre soin de ses enfants commençait par prendre soin de soi”. Organisé par le fabuleux site mamanradieuse.com, un blog consacré à la maternité et au bien-être, riche de conseils de pro. Vous pouvez y trouver par exemple des solutions pour apaiser les pleurs du soir ou bien l’essentiel pour comprendre la théorie de l’attachement.

Veiller sur vous, c’est veiller sur lui (dès le début)

La nécessité de prendre soin de soi en tant que parent apparait avant même qu’on le devienne. Même si on n’en a pas encore réellement conscience, nos réactions de parents sont également en gestation. La grossesse amène son lot de questionnements, de bouleversements physiques et hormonaux. Bien souvent, les nausées ou la fatigue des premiers mois suffisent à intégrer la nouvelle donne : pour faire un beau bébé en bonne santé, il faut se ménager :

  • S’écouter et respecter ses besoins,
  • Faire attention à son alimentation,
  • Arrêter l’alcool et le tabac,
  • Ne pas abuser de ses forces,
  • Pratiquer une activité physique douce régulièrement,
  • Réduire progressivement son rythme de travail,
  • Faire le plein de sommeil (tant qu’il est encore temps !)

De nombreuses études démontrent également les risques du stress maternel prénatal (SMPN) sur la santé et le développement des futurs enfants. Un bon accompagnement permet de s’apaiser et de construire son identité de parent sereinement.

Créer des liens précoces

Déjà pendant la grossesse, le fœtus interagit. Dès le troisième mois, il est sensible aux sons : son rythme cardiaque accélère, il sursaute, change de position… Entre six et sept mois, il découvre le toucher, puis le goût et l’odorat par ce que mange ou respire sa mère à travers le liquide amniotique.

Certaines femmes enceintes installent un casque diffusant de la musique sur leur ventre. D’autres jouent à répondre aux mouvements de bébé puis les provoquer. Enfin, il y a celles qui affirment que bébé réagit quand elles mangent du chocolat ! Les réponses intra-utérines varient beaucoup d’un individu à l’autre et chacun manifeste un style de réponse singulier. Au cours de la grossesse, on peut parfois observer que bébé recule quand vient l’aiguille de l’amniocentèse et se rapproche vers la main du professionnel de l’haptonomie.

Pour ceux qui n’avaient jamais entendu ce terme, l’haptonomie se définit comme l’étude de l’affectivité. Elle englobe un grand nombre de pratiques pré et post-natales visant à favoriser la relation affective, notamment grâce au toucher.

Le toucher favorise le sentiment de sécurité

« L’haptonomie postule que très tôt, dès sa conception, le sujet, source autonome de désir, cherche sa sécurité et pour cela discrimine très précocement ce qui est pour lui bon ou mauvais ».

Catherine Dolto

Des pratiques prénatales pour mamans et bébés zens

D’autres disciplines peuvent également favoriser le bien-être du bébé et de sa maman :

  • le yoga prénatal : soulage les maux, prépare à l’accouchement et renforce le lien avec bébé ;
  • l’aquagym prénatale : apaise grâce aux vertus de l’eau, maintient la forme et prépare également au jour J ;
  • le chant prénatal : relaxe maman et bébé, développe le lien et apprend aussi des techniques pour soulager les contractions ;
  • la danse prénatale : détente, plaisir et activité physique, le tout en musique !

Composez avec vous-même et le double rôle de parent

Il n’existe aucune école pour exercer le plus vieux métier du monde : être parent. Avant de mettre au monde un enfant, on s’imagine, on se prépare, on s’informe… Et malgré nos bonnes intentions et nos valeurs éducatives, la réalité de ce nouveau rôle dépasse bien souvent tous nos plans. Devenir parent s’apprend sur le terrain du quotidien. Pour une raison simple : on exerce cette responsabilité à partir de ce que l’on est et de ce que l’on vit.

Les premiers mois avec bébé peuvent être éprouvants, surtout si maman allaite. On apprend à dormir et à s’adapter au rythme du nourrisson. La nouvelle petite merveille occupe toute notre attention et notre énergie. Attention au risque d’épuisement !

“Il faut tout un village pour s’occuper d’un enfant.”

Proverbe africain

Papa, les grands-parents, une amie, une voisine peuvent parfaitement assumer quand maman a besoin de se reposer. Cela ne vous enlèvera pas votre rôle de “figure principale d’attachement“, au contraire. En étant bien reposée, vous serez davantage disponible pour satisfaire ce besoin d’attachement et de sécurité.

papa-et-bébé

Le premier rôle des parents concerne donc les besoins affectifs de l’enfant. Il s’agit de tout l’amour qu’on lui donne par les gestes, les mots et les actions : bercer, rassurer, apaiser, anticiper et combler ses besoins. Ces manifestations naturelles sont indispensables au bon développement de l’enfant.

Puis vient le temps des apprentissages. Les parents accompagnent leur enfant dans leur premières découvertes et acquisitions : la marche, la propreté, se servir d’une fourchette ou d’un stylo… Moins gratifiant mais tout autant nécessaire, le parent doit aussi poser des règles et les faire respecter. Adaptées à l’âge et au tempérament de l’enfant, elles lui permettront de développer une sécurité intérieure et d’apprendre à gérer la frustration. En l’aidant à se décentrer de ses propres besoins pour tenir compte de ceux des autres.

Le double rôle des parents consiste donc à fournir à la fois amour et cadre, sécurité affective et limites constructives. Si cela parait simple en théorie, la mise en pratique se révèle plus compliquée pour beaucoup de parents. Car il n’est pas facile de donner ce que l’on n’a pas reçu, de ne pas créer ce que l’on redoute et de soigner nos réactions de parents…

Guérir son enfant intérieur

Notre propre histoire a modelé notre comportement. L’influence de notre passé d’enfant conditionne nos réactions de parent au présent. De nombreux facteurs orientent notre façon d’être parent :

  • Degré d’opposition ou d’adhésion au modèle familial,
  • Rang occupé dans la fratrie,
  • Évènements importants, traumatisants, séparations,
  • Milieu social,
  • Caractère, valeurs…

Certains comportements de nos enfants réveillent en nous des blessures enfouies. Nous réagissons de manière excessive car nous ne trouvons pas d’autre manière, sur le moment, de gérer la situation. Nous crions, menaçons, punissons, faisons du chantage alors que ces méthodes nous rebutent.

À travers ces réactions, c’est notre enfant intérieur qui s’exprime. Celui qui s’est senti rejeté, trahi, humilié, blessé et que l’on a jamais consolé et guéri. Le stress et la menace ressenties dans le passé ont crée des circuits neuronaux dans le cerveau qui se réactivent dans certains contextes. Il est important d’apprendre à reconnaître et renouer avec ses besoins profonds. Déconstruire les schémas de défense pour laisser place à des changements bienveillants. La CNV et la parentalité positive peuvent vous y aider.

Nos réactions de parents sont des tuteurs d’évolution

Et oui, nous semeurs de graine, sommes responsables de la croissance et de la solidité de nos jeunes pousses. Comme l’a démontré Boris Cyrulnik, nos réactions de parents déterminent leurs façons d’être futures, faces aux agressions de l’existence.

C’est ce qu’il a identifié comme des tuteurs de résilience : des ressources internes imprégnées dans le tempérament qui permette de tenir le coup et de reprendre un développement en cas de traumatisme. La sécurité intérieure de l’enfant ainsi que le sens donné aux évènements par l’entourage conditionneront sa capacité à métamorphoser les drames en opportunités.

“La résilience, c’est l’art de naviguer dans les torrents.”

Boris Cyrulnik

Les parents représentent donc les premiers repères sur lesquels nos enfants s’identifient et se construisent. Cette responsabilité peut paraitre paralysante ou vivifiante. Prendre conscience de tout cela est une invitation à cheminer vers des rapports plus sains avec soi-même et ses enfants.

En effet, ce que nous pensons être le meilleur pour nos enfants n’est pas toujours en adéquation avec leurs besoins, ni les nôtres. Si pour prendre soin d’eux, on en arrive à s’oublier ou à céder à tout, on peut devenir maltraitant. Les parents parfaits n’existent pas et trop d’exigence ou de laxisme sont des sources de stress nocives.

Et si les enfants étaient là pour nous rappeler que prendre soin ce n’est pas reproduire des recettes mais apporter une réaction de parent unique…à chaque situation unique. Qu’en pensez-vous ?

Si vous avez apprécié cet article, vous êtes libres de le partager ! :)
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

4 thoughts on “Comment prendre soin de nos réactions de parents (donc de nos enfants) ?

  1. Cet article a un écho particulier pour moi car mon fils va fêter ses 18 mois et ce n’est pas toujours simple… donc merci pour ces précieux conseils! Mention spéciale pour la dernière phrases 🙂

    1. Merci pour ce commentaire ! Ma fille fête ses 19 mois aujourd’hui et s’affirme chaque jour un peu plus… De quoi mettre en pratique et évoluer dans ma relation avec elle. Bon courage et beaux échanges !

    1. Merci pour ce commentaire. Perso, j’ai fait du yoga prénatal avec une doula prof de yoga. Et ce fut un accompagnement très appréciable pendant ma grossesse mais une prépa à l’accouchement qui a été dans le déni d’une éventuelle césarienne qui s’est finalement révélé la seule option…

Laisser un commentaire