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Grands-parents et ados : Comment éviter la rupture ?

Grands-parents et ados sont-ils condamnés à ne plus se comprendre ? Où est donc passée la complicité des tendres années ? Collés à leurs smartphones, insensibles à tout ce qui ne vient pas d’eux, les chères petites têtes blondes s’affirment, s’opposent, et agissent en cachette. Pas facile de ne pas se sentir dépassés ou inconsidérés. D’où viennent ces incompréhensions ? Quels sont les règles d’or pour ne pas devenir complètement vieux jeu ? Et si l’adolescence des petits-enfants était une occasion de sortir d’une posture de papi/mamie gâteau qui ne convient plus ?

Caricature d'un couple de grands-parents

Grands-parents et ados : l’équation

Quand les petits-enfants entrent dans l’adolescence, une page se tourne. Progressivement, leurs façons de penser et de se comporter changent. Le fossé et la déconnexion se creusent entre les générations : grands-parents et ados ne s’entendent plus.

Si l’entente devient difficile, il est important de se réaccorder. Pour éviter que les relations deviennent fausses, pleines de couacs, virent à la cacophonie ou au silence complet…

L’adolescence est une phase de mutation à laquelle le jeune mais aussi ses proches doivent s’adapter. Les grands-parents peuvent jouer un rôle précieux dans cette transition, en créant une nouvelle partition : celle de l’expérience de la vie sans l’enjeu direct de l’éducation, (laissez cela aux parents !).

Les forces des grand-parents

  • Disponibles, prêts à tout pour faire plaisir,
  • Mâtures, capables de réagir et raisonner avec sagesse (ou presque),
  • Expérimentés et envieux de partager leurs passions, activités favorites,
  • Garants de l’histoire familiale et des anecdotes croustillantes sur les parents.

Les fausses notes possibles de papi et mamie

  • L’oubli de soi et le risque d’épuisement, à force de trop donner et trop peu recevoir,
  • Le manque d’empathie (= faculté de se mettre à la place de l’autre pour percevoir ce qu’il ressent). Le “savoir” et les certitudes empêchent parfois de comprendre d’autres points de vue que le sien,
  • La dévalorisation ou le refus des nouvelles technologies, qui sont devenues le quotidien des nouvelles générations,
  • La difficulté à changer ses bonnes vieilles habitudes, “c’était (tellement) mieux avant” !

Et pour les ados, qu’est-ce qui se passe ?

À cheval entre l’enfance et l’âge adulte, ils composent leur nouvelle personnalité en essayant d’intégrer tant bien que mal, différents paramètres, caractéristiques de cette période :

  • Un corps qui change pas toujours comme ils l’espéraient,
  • Un caractère qui s’affirme ou se cherche,
  • Une histoire personnelle parfois plus facile à rejeter qu’à intégrer,
  • Un besoin de s’émanciper mais aussi de se sentir aimé et soutenu par leurs proches,
  • L’influence de l’époque et le regard des autres.

La personnalité se construit donc en combinant des caractéristiques physiques et psychologiques innées (le tempérament) mais aussi des façons de réagir et de se comporter acquises (le caractère). Elle se forge incontestablement à travers les idées des époques qu’elle traverse.

C’est souvent sur ce dernier point que l’incompréhension grandit entre grands-parents et ados. Les premiers résolument attachés au passé, les seconds naturellement tournés vers l’avenir.

Petite histoire d’un fossé entre les générations

Il est bien réducteur de définir tous les individus d’une même génération en fonction d’une étiquette commune. L’humanité est une question à laquelle chaque être humain apporte sa réponse. Les classifications qui suivent visent uniquement à dégager quelques tendances en fonction des époques, pour mieux cerner les problèmes de communication entre générations.

Les grands-parents de la rigueur

Dans les années 1950, l’éducation ne déclenchait pas les débats que l’on connaît aujourd’hui. Les pères de l’après-guerre, qui avaient été épargnés, travaillaient de longues journées, dès leur plus jeune âge. Les mères au foyer éduquaient souvent 4 à 5 enfants. Les enfants devaient obéir aux adultes, point. Sinon les sanctions pleuvaient…Coups de martinet et fessées étaient monnaie courante.
A cette époque, grands-parents et ados cohabitaient dans un cadre de respect et d’autorité stricte. La plupart des familles avaient peu de moyens. Les adolescents aidaient aux tâches ménagères et s’occupaient des plus jeunes. Leurs libertés et perspectives d’avenir étaient restreintes.

Pour les grands-parents de l’époque, l’esprit de famille et la culture des bonnes manières préparaient à la vie en société.

Les parents de la révolte / les baby-boomers

Dans les années 1960-1970, un mouvement contestataire se répand à travers le monde occidental. En rupture totale avec les générations précédentes, la culture hippie se construit dans le rejet des valeurs traditionnelles. Les jeunes refusent l’autorité et la société de consommation. Ils prônent la vie en communauté, le pacifisme, l’écologie, l’ouverture aux cultures orientales et aux états modifiés de conscience…

Parallèlement, une autre tranche de la population des baby-boomers (nés après guerre dans un contexte démographique et économique florissant) centrent leur vie sur le travail et la valorisation sociale.

Pour une grande partie des grands-parents d’aujourd’hui, l’école et le travail permettent de trouver une place dans la société.

Les petits-enfants X, Y, Z et puis quoi encore ?

Les sociologues distinguent 3 générations après les baby-boomers. Elles ont pour point commun, d’avoir grandi dans un contexte de mutation rapide des technologies et des modes de consommation. Les générations :

  • X, nés entre 1960 et 1980,
  • Y, nés entre 1980 et 1995,
  • Z, nés après 1995.

Malgré des profils très variables en fonction des personnalités des individus, on remarque tout de même des tendances de plus en plus marquées :

  • Forte capacité d’adaptation,
  • Ouverture d’esprit,
  • Maîtrise des outils technologiques,
  • Indépendance, autonomie, envie d’entreprendre,
  • Méfiance vis à vis de l’entreprise et de la hiérarchie,
  • Instabilité, impatience, dispersion….

Pour la plupart des jeunes d’aujourd’hui, être débrouillard et connecté à un large réseau permet de réussir sa vie.

Comment reconnecter grands-parents et ados ?

Laisser les vieux outils dans l’impasse

Ainsi, en peu de temps, les technologies ainsi que les courants de pensée concernant l’éducation, le travail, la société… ont donc radicalement changé.

Le fossé entre les générations a été largement creusé et la difficulté à comprendre et accepter l’autre dans sa différence mène à l’impasse : Papi et mamie campent sur leurs positions. Les jeunes aussi. La communication est devenue stérile. Alors, avec le temps, on évite les sujets qui fâchent pour conserver les relations. Ou bien, on espace les visites.

Pour restaurer la complicité avec ces jeunes qui ne nous “parlent” plus, il parait nécessaire de changer de discours et de façon de dialoguer. Et si au lieu d’agrandir les tranchées, on bâtissait des ponts ?

Prendre conscience des cordes à son arc

La vieillesse n’est pas qu’on est vieux, mais bien qu’on fût jeune.

Oscar Wilde– Le portrait de Dorian Gray – 1890

Les grands-parents savent instinctivement tisser des liens privilégiés avec leurs tout petits-enfants. Risettes, gâteaux, jeux, blagues, loisirs…ils maitrisent les recettes qui ont fait leurs preuves avec le temps.

La confiance instaurée de longue date est un atout considérable pour conserver ce lien fort avec les enfants quand ils grandissent. Impliqués moins directement que les parents dans les conflits du quotidien, les grands-parents peuvent devenir des confidents bienveillants très appréciés pour leur :

  • Présence,
  • Écoute neutre et tolérante,
  • Expérience, les anecdotes de situations vécues,
  • Interprétations qui permet de relativiser,
  • Conseils avisés…

Créer des passerelles

Entre les anciens et les nouveaux jeunes, il y a donc des fossés, des vieux outils et des cordes. Tout ce qu’il faut pour construire des ponts et des passerelles entre des rives pas si lointaines que ça.

Grands-parents et ados : s'intéresser à l'univers de l'autre

7 règles d’or à intégrer dans les plans :

  • Changez de posture : devenez des partenaires de discussion,
  • Cherchez à comprendre leur univers,
  • Demandez-leur de vous apprendre ce qu’ils savent,
  • Considérez-les comme des personnes à part entière (ils n’ont jamais été des demies-portions),
  • Respectez leurs avis, ne les jugez pas,
  • Trouvez des centres d’intérêt commun et partagez,
  • Lancez-leur des défis, jouez.

Pour conclure, j’aimerai juste ajouter quelques chiffres tirés d’une enquête intitulée “Enfants, adolescents et leurs grands-parents dans une société en mutation”. Pour 87 % des jeunes interrogés, leur relation avec leurs grands-parents est “très importante”. À la question de ce qui était le plus important à leurs yeux, ils ont répondu :

  • la disponibilité, le fait que leurs grands-parents”soit là” quand ils en ont besoin 76 %
  • l’aide scolaire 57 %
  • l’aide psychologique en cas de chagrin, problèmes… 55 %
  • l’aide financière arrive en dernière position.

En espérant que cet article vous aura donné quelques pistes pour continuer à être des supers grands-parents, prenez soin de vous !

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