Communication Non Violente

Communication Non Violente : Les 7 clés du langage du cœur

La Communication Non Violente est un outil puissant pour transformer ses relations aux autres. Applicable en couple, en famille, dans le milieu scolaire ou professionnel, elle peut révolutionner notre façon de nous exprimer. Utilisée pour résoudre des situations délicates, elle vise avant tout à établir des relations authentiques et bienveillantes avec notre entourage.

Cet article est une synthèse du livre Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) Introduction à la Communication Non Violente. Écrit par le psychologue américain Marshall B Rosenberg, cet ouvrage présente un processus enseigné dans le monde entier pour désamorcer les conflits et promouvoir un langage oublié, celui du cœur.

Clé n°1 : Les 4 étapes de la Communication Non Violente

La Communication Non Violente, CNV, nous invite à reconsidérer notre façon dont nous nous exprimons et entendons l’autre. En portant notre attention sur 4 points spécifiques, nous pouvons transformer des disputes ou incompréhensions en dialogues paisibles :

  • Observation : observer et identifier ce que l’on n’apprécie pas dans les actes ou les paroles de notre interlocuteur ;
  • Sentiment : exprimer ce que l’on ressent (tristesse, colère, découragement…) ;
  • Besoin : identifier et exprimer le besoin insatisfait que cet acte ou cette parole vient réveiller  ;
  • Demande : exprimer clairement et sincèrement une demande pour rétablir son bien-être.

Ex : Au lieu de donner un ordre ou de crier sur son fils qui laisse trainer ses chaussettes, une mère pourrait dire : « Quand je vois tes chaussettes sales sous le meuble de la salle de bain, je suis de mauvaise humeur parce que j’ai besoin d’un peu plus d’ordre dans les pièces que nous partageons. Tu veux bien les mettre au sale, s’il te plait ? »

Clé n°2 : Juger = condamner

Certaines façon de penser et de parler incitent à des comportements violents envers soi même et les autres. Nous sommes éduqués à porter des jugements sur ce qui est bien ou mal, intelligent ou pas, bon ou mauvais.

À chaque fois qu’on s’adresse à quelqu’un sur le ton du reproche, du donneur de leçons, ou de l’autorité, on se coupe de lui. On provoque sa résistance ou une réaction de défense qui l’empêche de répondre sereinement. Ou alors, la personne accepte de faire ce qu’on lui demande par crainte, culpabilité ou honte.

Dans tous les cas, ce type de communication ne favorise pas l’élan du cœur. Il nous enferme dans des échanges fondés sur la soumission, la culpabilité ou la peur. La Communication Non Violente nous invite à prendre conscience de ces tendances :

  • Jugements moralisateurs : “tu es paresseux”, “irresponsable”, “le problème avec toi”…
  • Faire des comparaisons : en terme de beauté, de réussite ou encore de richesse, il y aura toujours quelqu’un de (beaucoup) plus que nous ; alors à quoi bon se flageller ?
  • Refus de responsabilité : en employant des expressions comme “il faut que”, “je dois” ou en attribuant la responsabilité de nos actes aux autres, on refuse d’assumer ses sentiments et pensées. “J’ai commencé à fumer parce que tous mes amis fumaient” ;
  • Exigences : mode favori des certains patrons, professeurs et parents qui font planer la menace d’une éventuelle sanction si on ne se plie pas à leurs désirs ;
  • Mérite et récompense : l’idée que certaines actions méritent punition ou récompense révèle encore un jugement ce qui est bien ou mal.

Clé n°3 : Décoller les étiquettes et réapprendre à observer

CNV : Observer son interlocuteur
Pourquoi tant d’agressivité ?

Dès lors que l’on prend conscience que cette tendance à étiqueter les gens et leurs comportements est néfaste, nous avons besoin de réapprendre à observer. C’est la première composante de la CNV : observer sans évaluer.

Elle nous conseille de remplacer ces étiquettes figées par des observations factuelles. Observer les faits sans porter de jugement. Plus facile à dire qu’à faire me direz-vous. Et je suis bien d’accord. On a tellement été habitué à voir en l’autre ses “torts” ou ses “défauts”, qu’il nous est bien difficile de le regarder autrement.

Quelques conseils pour vos nouvelles lunettes :

  • Remplacer les “tu es trop”… par quelque chose comme “quand tu fais ça, je pense que tu es trop”…
  • Éviter les verbes à connotation négative comme “trainer”, “abrutir”…
  • Ne pas considérer notre évaluation des pensées, sentiments, intentions de l’autre comme la seule possible. “Il va lui arriver des ennuis” => “je pense qu’il pourrait lui arriver des ennuis”.
  • Surveiller l’emploi des adverbes (jamais, toujours, souvent, chaque fois…) : “tu fais rarement ce que j’aimerai” => les 3 dernières fois que je t’ai proposé de sortir, tu as refusé”.

Clé n°4 : Exprimer ses sentiments, la force de la vulnérabilité

La 2e composante de la Communication Non Violente nous invite à exprimer ce que l’on ressent face à notre observation. Pour beaucoup de gens, identifier ses sentiments n’est pas naturel. On est tellement habitué à les taire ou les cacher, qu’on a bien du mal à les reconnaître.

Combien de sentiments reconnaissez-vous ?

Il nous arrive à tous de confondre sentiments et interprétations. “Je suis nulle en anglais” est une interprétation. “Je suis déçue de mon niveau en anglais”, ou “je suis impatiente de progresser” sont des sentiments.

Et le langage courant ne nous aide pas. On emploie par exemple le verbe sentir, ou le mot sentiment pour exprimer une pensée : “je sens que nous allons passer de bonnes vacances” ; “j’ai le sentiment que je me suis trompé”.

Pratiquer la CNV nous amène à faire cette distinction plus facilement. Nous apprenons à renouer le contact avec nous même et les autres. En cherchant à décrire précisément ce que l’on ressent, on établit des liens plus profonds. Car face à quelqu’un qui exprime sincèrement sa peur, sa souffrance ou sa faiblesse, on a (presque) tous envie d’aider.

Clé n°5 : Nous sommes responsables de nos sentiments

Dans la 3e étape de la CNV nous identifions le besoin insatisfait derrière ce sentiment. À ce stade, nous comprenons que les paroles ou les actes de notre interlocuteur déclenchent nos sentiments mais n’en sont pas la cause.

Nos sentiments viennent de notre manière de recevoir les messages et les situations qui se présentent. Il existe 4 façons d’accueillir un message :

  • Se sentir fautif : se reprocher d’avoir été trop ou pas assez… (n’améliore pas l’estime de soi, provoque honte, culpabilité…) ;
  • Rejeter la faute sur l’autre : entretient et/ou déclenche la colère ;
  • Percevoir nos sentiments et besoins;
  • Percevoir les sentiments et besoins de l’autre.

Ex : Votre partenaire vous reproche d’être égoïste, vous pouvez :

– Vous reprocher de ne pas être assez à l’écoute de ses besoins, présent, attentionné ;
– Lui renvoyer le compliment en lui disant que “ce n’est pas vrai… il (elle) ne se rend même pas compte de tout ce que vous faites pour lui (elle), que l’égoïste c’est lui (elle)” ;
– Exprimer que sa remarque vous blesse car vous avez besoin que votre partenaire reconnaisse ce que vous faites pour lui (elle) ;
– Lui demander s’il se sent blessé, pas reconnu et chercher à comprendre de quoi il a besoin.

Je vous laisse imaginer lesquelles de ses réactions permettent de conserver des relations épanouissantes…

Les jugements portés sur les autres sont l’expression de nos besoins insatisfaits. Dans l’exemple ci dessus, la personne qui juge l’autre égoïste a besoin d’être reconnue. Ne sachant pas comment l’exprimer, elle “attaque” pour déclencher une réaction.

Pour sortir de ces schémas de critique/ contre-attaque /défense, il nous faut assumer la responsabilité de nos sentiments. Si nous n’accordons pas de valeur à nos sentiments et besoins, les autres ne le feront pas davantage. Être capable de révéler nos besoins est la meilleure façon de se faire (vraiment) comprendre.

« Devenons le changement que nous voulons voir dans le monde. »

Gandhi

Clé n°6 : Demander précisément

De ces trois premières composantes (observation, sentiment, besoin) découle la quatrième : formuler une demande précise pour rétablir notre bien-être.

Nous avons plus de chance d’obtenir ce que nous avons besoin lorsqu’on est capable de l’exprimer sincèrement, sans chercher à manipuler ou culpabiliser. Éviter les formulations vagues, négatives ou abstraites et demander une action concrète.

demander précisément

Les demandes peuvent être reçues comme des exigences si le destinataire se sent obligé d’y répondre. Nous pouvons proposer à notre interlocuteur de répondre uniquement si il en a envie, pour s’assurer de son consentement. Le but de la CNV est bien d’établir un dialogue basé sur l’empathie, dans le respect des besoins de chacun.

Clé n°7 : L’empathie guérit soi-même et les autres

Le fondement de la Communication Non Violente se base donc sur cette notion : l’empathie. Selon le Larousse, elle se définit comme la faculté intuitive de se mettre à la place d’autrui, de percevoir ce qu’il ressent.

Il s’agit de remplacer nos répliques et nos jugements par l’écoute de ses propre sentiments et besoins ainsi que de ceux des autres. Enfin, on reconnait en soi et en l’autre, un humain et non un “monstre” qu’il faut blâmer, punir ou rabaisser. On peut alors se pardonner, dépasser nos blocages et contribuer à notre bien-être et celui des autres.

Malgré toutes les ressemblances , toute situation de vie a, comme un nouveau né, un visage unique, qui n’a jamais existé auparavant et que l’on ne retrouvera jamais plus. Elle appelle une réaction qui ne peut être préméditée. (…) Elle appelle une présence, une responsabilité.

Martin Buber

Se sentir réellement écouté libère d’un poids et peut dénouer des situations qui paraissaient insurmontables. Le livre de M.B Rosenberg est truffé d’anecdotes, d’exemples de résolution de conflits entre des personnes ayant des avis diamétralement opposés, allant même jusqu’à des tentatives d’agression déjouées. Particulièrement bluffant !

Si vous êtes conscients que vos paroles génèrent de la souffrance et que vous aimeriez réellement changer, la Communication Non Violente pourrait vous ouvrir des portes. En espérant sincèrement que cet article vous ait donné envie d’en savoir plus, je vous recommande de lire l’ouvrage de son fondateur, Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs). Vous pouvez également vous initier à la pratique en contactant l’association française pour la CNV.

N’hésitez-pas à laisser un commentaire ci dessous pour partager votre expérience avec la CNV.

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2 commentaires

  1. nicolagravatars a dit :

    La CNV à l’air vraiment intéressante, je devrais penser à acheter les mots sont des fenêtres.

    1. Merci pour ce commentaire ! Oui la CNV est vraiment une approche intéressante. Je recommande ce livre à tous ceux qui souhaitent sincèrement établir des relations saines ! 🤝

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